Actualités
Jeudi, 05 Avril 2018

Journées Annuelle Matériaux pour la Santé

Les 28 et 29 mai 2018

Ecole des Mines de Saint-Etienne

 

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Jeudi, 29 Mars 2018

 

Résultats du Prix de thèse Titane 2018

 

 

L'Association française du titane a désigné M. Cédrik BROZEK, lauréat de l'édition 2018 du prix de thèse Titane.

Ce prix de thèse permet de distinguer les thèses réalisées sur le titane l'année précédente. Cette récompense marque donc la reconnaissance d'un travail important et d'une grande rigueur scientifique.

Les deux nominés pour le prix de thèse 2018 sont Mme Héloïse BERNARDEAU-VIGIÉ et Mme Marie FISCHER.

pdfPublications des résultats

Vendredi, 19 Janvier 2018

Journée Innovations Métallurgiques pour l'Industrie de la Défense

29 mars 2018

Organisé par Le Cercle des Études des Métaux (CEM)

dans les locaux de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) au sein de l’École Militaire de Paris

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Vendredi, 19 Janvier 2018

Journée scientifique SF2M

Matériaux à haute température : réactivité et précautions d’usage

(Couplages thermique – chimique – mécanique)

Lien vers le site web

Le 15 mars 2018 de 9h00 à 16h15

École des Mines de Paris

60 boulevard Saint-Michel

75006 Paris

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Mardi, 28 Novembre 2017

Call for papers

LES JOURNEES TECHNOLOGIQUES DU TITANE 2018 sont un événement annuel organisé par l'Association Française du Titane qui rassemble les meilleures compétences en la matière dans les principales filières d’application, qui permet d’enrichir ses connaissances et d’échanger avec les dirigeants, ingénieurs et universitaires les plus en pointe dans ce domaine.


Pour 2018, l'Association Titane invite les présentateurs potentiels à soumettre des propositions de présentations pour les Journées Technologiques Titane qui auront lieu les 23 et 24 mai à Nantes.


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Marché mondial : analyse et perspectives

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Equilibre du marché mondial – Faits marquants de l'offre et de la demande
Contribution de Pierre-François Louvigné (DGA) aux Journées Technologiques 2013
 

 

L’année 2012 a été marquée par un léger tassement de la consommation de titane de l’ordre de 5% (114.000 – 126.000 t) alors que la production d’éponge[1] et de lingot ont atteint les niveaux record de 240.000 t et 192.000 t respectivement. Ce paradoxe s’explique, d’une part, par le fait que les producteurs ont anticipé une augmentation de la demande qui s’est finalement reportée sur 2013 et, d’autre part, par une incertitude concernant l’évolution du prix et de la disponibilité du minerai de titane. En effet, avec la forte augmentation de la consommation du dioxyde de titane (TiO2) par l’industrie du pigment, les prix ont été multipliés par 3 entre 2010 et 2013 et les capacités de production pourraient être saturées à partir de 2014.

Prix des matières premières

Dans ce contexte de production soutenue et de demande faible, le prix de l’éponge de titane[2] est passé de 7 $/kg en début d’année 2012 à 5,30 $/kg actuellement;
Le déchet de titane (scrap) a suivi une tendance comparable avec un niveau de prix[3] de 2 à 3 $/kg plus bas que l’éponge. Actuellement, le scrap est à 3,15 $/kg. 

miniscraptitane mai 2013

En Chine, les prix de l’éponge suivent une tendance comparable à celle constatée sur le marché libre européen avec un écart lié aux coûts de production élevés inhérents à l’outil industriel et aux prix des matières premières employées.


mini titane chine-us mai 2013

Demande

Dans le secteur aéronautique, les deux principaux constructeurs d’avion, Airbus et Boeing, augmentent progressivement leurs cadences de production pour faire face au gonflement de leur carnet de commande. Avec plus de 9.000 avions à fabriquer (backlog), les deux avionneurs ont devant eux environ 7 ans de production assurés. Ce rythme de production est cohérent avec le besoin de 28.000 nouveaux avions d’ici à 2030 pour répondre à l’augmentation du trafic aérien (environ 16.500 avions) et au renouvellement de la flotte en service (environ 11.500 avions). La consommation de titane augmente mécaniquement avec les montées en cadence des programmes en cours (A320 et B737 principalement) mais le véritable changement de rythme arrivera avec les nouveaux avions « composite[4] » (B787, A350) qui nécessiteront près de 100 tonnes de titane par avion. Boeing a démarré la production du B787 mais la cadence souhaitée de 10 avions/mois n’est pour l’instant qu’à 50% et ne devrait être effective qu’en 2014. Sur 2013, l’effet sur la consommation de titane n’est pas immédiat car les retards successifs de ce programme ont généré un surstock de matière dans la filière de production qui n’est pas encore résorbé. Le programme concurrent d’Airbus, le A350, bien que démarré plus tardivement, a finalement comblé une partie de son retard avec un premier avion sorti de la chaine d’assemblage en février 2013 et un mise en production au second semestre 2014.
Avec la montée en puissance de la demande chinoise, le secteur « industriel » est devenu à partir de 2009 le premier marché d’application du titane. En 2012, environ 60% de la consommation de titane de ce secteur s’est fait dans ce pays, principalement pour équiper l’industrie chimique. Le potentiel de croissance pour le titane est considérable dans de nombreux secteurs industriels : nucléaire, dessalement, pétrole, gaz naturel etc. Le principal frein à la consommation est encore lié à la crise de 2008 et à ses effets sur la capacité d’investissement sur les grands projets d’infrastructure. Dans le cas du dessalement, la taille de certains projets peut provoquer une saturation temporaire de certaines capacités de production. En 2011, le projet Ras Az Zawr en Arabie-Saoudite a capté 6.200 t de titane sur une seule année. En 2012, un autre projet en Arabie-Saoudite, Yanbu III, a mis plus d’une année à se concrétiser avec 4.500 t de titane à la clef. Il a été suivi, début 2013 par deux autres projets de taille plus modeste au Qatar (Ras Abu Fontas) et au Koweit (Az Zour North). Dans le domaine des énergies fossiles, deux projets ont également été contractualisés début 2013, l’un pour une plateforme de pétrole off-shore à Terre-Neuve (projet Hebron) et l’autre au large de l’Australie pour l’exploitation de gaz naturel (projet Ichtys). Ces deux projets consommeront chacun 300 t de titane. A plus long terme, on voit l’émergence de nouvelles applications grandes consommatrices de titane dans le domaine des technologies maritimes de production d’énergie. En premier lieu, l’énergie thermique des mers (ETM, OTEC – Ocean Thermal Energy Conversion) qui exploite les différences de températures entre les eaux profondes et de surface pour produire de l’énergie en combinaison ou non avec d’autres service comme le dessalement, la climatisation des zones urbaines etc. Selon DCNS qui développe cette technologie en France[5], chaque tranche de 10 MW de telle centrale OTEC nécessiterait 200 t de titane.
Dans les secteurs des biens de consommation (sport, luxe, architecture, médical, automobile), la demande en titane est directement impactée par les effets de la crise de 2008 et les risques de récession. La baisse est estimée à environ 15% avec 8 à 10.000 t de titane consommées en 2012.
Le secteur militaire est aussi en baisse de l’ordre de 15% avec 6 à 7.000 t de titane consommé en 2012. Les programmes militaires états-uniens qui concentrent une part importante de cette demande doivent faire face à une révision à la baisse des politiques d’équipement des Forces. Le nouvel avion de combat multirôle F35 (JSF – Joint Strike Fighter) développé conjointement par les USA et 8 autres pays illustre ces difficultés : malgré un carnet de commande de près de 3.000 avions, la production de 2013 ne sera que de 29 avions (32 en 2012) et n’atteindra la cadence souhaitée de 9 avions/mois qu’à partir de 2016.
conso titane 2013

Offre

Malgré une demande en berne sur le court terme, la capacité de production d’éponge a encore augmenté en 2012 de +23.600 t/an, principalement en Chine (+20.000 t/an). La capacité mondiale est estimée à 324.400 t/an avec une répartition quasi-égale entre les capacités « historiques » (Japon, USA, Russie, Kazakhstan) capables de produire de l’éponge de qualité aéronautique et (schématique) les capacités chinoises qui n’ont pas encore atteint ce niveau de qualité. L’offre est donc actuellement très nettement sur-capacitaire car il faut, de plus, tenir compte du taux de recyclage des déchets de titane qui est encore faible au niveau mondial (20%) mais qui est déjà de l’ordre de 43% aux USA. La production d’éponge a aussi nettement progressé en 2012 de +20% à 240.000 t par anticipation de la demande sur les marchés spot (dessalement en particulier) et pour les raisons liées aux conditions de marché sur le minerai de titane évoqués plus haut. Ainsi, malgré un marché intérieur déprimé, le Japon a atteint un niveau de production record en 2012 avec 63.400 t d’éponge. La moitié de cette production a été exportée vers les USA (19.000 t) et l’Europe (8.000 t) et une proportion non publiée (5 à 8.000 t ?) d’éponge pourrait avoir été stockée en prévision des marchés spot tels que le dessalement. Fait important de l’évolution de l’offre, le Japon a officiellement annoncé un changement de stratégie concernant l’approvisionnement du TiO2, la matière première pour la fabrication de l’éponge de titane : pour baisser les coûts, les producteurs japonais ont introduit entre 2010 et 2012 du minerai moins pur (90 – 92%) en substitution du TiO2 habituellement utilisée de qualité 94 – 96%. En 2012, les deux qualités de matières ont été utilisées à part égales.
Au niveau de la production de lingot, l’année 2012 est comparable à celle de 2011 avec environ 192.000 t dont 34% en provenance de Chine. En quelques années, ce pays s’est hissé au niveau de la production des USA avec toutefois un écart encore important sur le plan de la maitrise de la qualité des produits et sur celui de la technicité pour certaines gammes de production (feuillards, tubes, produits forgés etc.). Comme pour l’éponge, la filière a probablement fini l’année avec un surstock de lingot compte tenu de la baisse de la consommation sur la même période et du report sur 2013. Au niveau des demi-produits la production de 2012 est estimée à 131.000 t, en baisse de l’ordre de -3% par rapport à 2011.

Conclusion & Perspectives

Les prévisions d’évolution des prix de l’éponge de 2011 ont été contredites par la situation conjoncturelle subie en 2012. Le surplus de production et la faible demande ont primés sur l’augmentation du prix du minerai, poussant les fabricants d’éponge à baisser leur prix sur le marché spot au détriment de leurs marges. Pour les producteurs intégrés verticalement, la situation se résume à une augmentation de la part matière dans le coût de production de l’éponge. Outre le prix, les producteurs d’éponge doivent également faire face au problème de l’accès aux ressources alors que la filière du titane métal ne représente que 5% de la consommation mondiale de TiO2.
Le surstock d’éponge devrait se résorber dans le courant de l’année 2013 et le prix de l’éponge remontera dès lors que la demande en titane repartira à la hausse. Mais les perspectives d’ici la fin de l’année sont encore très incertaines.
Dans le secteur aéronautique, la montée en cadence du B787 ne devrait pas se concrétiser par une hausse significative de la consommation de titane car le surstock de matière lié à ce programme semble encore important. L’augmentation de la consommation devrait donc se maintenir sur le cap fixé par les augmentations de cadence des programmes B737 (38  avions/mois au 2ième trimestre 2013), A320 (42 avions/mois au 1er trimestre 2013), A330 (10 avions/mois en Avril 2013).
Dans le secteur industriel, la fin de 2012 et le début d’année 2013 a montré des signes positifs avec la contractualisation de grands projets d’équipement (dessalement, chimie, pétrole, gaz naturel) qui génèrent des « vagues » de consommation difficilement prévisibles. Pour 2013, les perspectives dans le secteur sont comparables à celle de 2011 (soit environ 66 – 69.000 t) en tenant compte des grands projets de dessalement.
Les secteurs « défense » et « Biens de consommation » devraient aussi être stables.
Du côté de l’offre, les principales évolutions devraient venir de la Chine avec l’émergence de nouvelles capacités de production d’éponge. La situation sur-capacitaire devrait donc perdurer en particulier pour l’éponge de qualité métallurgique qui est encore majoritairement non intégrée verticalement. Concernant l’éponge de qualité aéronautique, la plupart des acteurs sont intégrés. C’est donc plutôt la dimension stratégique de l’accès  la ressource qui est à prendre en compte dans l’analyse capacitaire que la disponibilité en volume qu’elle représente.
Au niveau de la capacité de production de lingot, les investissements au Kazakhstan (JV UKAD et JV POSUK) se mettent en place dans une logique de filière intégrée. La Chine devrait poursuivre sa politique d’industrialisation avec de nouvelles capacités de fusion et de transformation en 2013.